Contrairement à ce que beaucoup pensent, le gouvernement français n’établit aucune différence entre qamis et abaya femme. Ces deux vêtements traditionnels font l’objet du même traitement officiel depuis août 2023. Une réalité souvent ignorée qui bouscule les idées reçues autour de cette controverse vestimentaire.

Une interdiction qui concerne qamis et abaya

En août 2023, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, a tranché définitivement la question. Sa note officielle interdit explicitement le port de la abaya à ne pas confondre avec le jilbab ET des qamis dans tous les établissements scolaires publics. Cette décision place ainsi les deux tuniques sur un pied d’égalité parfait.

Cette interdiction commune s’appuie sur un argument simple : ces vêtements traditionnels manifestent une appartenance religieuse ostensible, ce qui contrevient à la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école. Le Conseil d’état a d’ailleurs validé cette interdiction, confirmant que qamis et abaya relèvent du même cadre juridique.

La position gouvernementale est donc claire et cohérente : aucune distinction n’existe entre ces deux vêtements. Ils sont considérés comme équivalents dans leur dimension religieuse et font l’objet des mêmes restrictions dans l’espace scolaire.

Le corps enseignant soutient massivement cette égalité de traitement

L’opinion des enseignants confirme cette approche gouvernementale. Selon un sondage Ifop, 80% des professeurs approuvent l’interdiction commune du port du qamis et de la abaya à l’école. Cette adhésion massive du terrain éducatif révèle un consensus professionnel remarquable.

Plus révélateur encore : 68% des enseignants estiment que ces tuniques relèvent du domaine cultuel et ne peuvent donc pas être portées en milieu scolaire. Seuls 15% les considèrent comme de simples vêtements traditionnels culturellement acceptables. Cette perception majoritaire légitime l’interdiction égalitaire décidée par le gouvernement.

Cette position du corps enseignant détruit l’argument selon lequel le qamis serait moins problématique que la abaya. Sur le terrain, les professionnels de l’éducation ne font aucune différence entre ces deux vêtements qu’ils jugent également incompatibles avec la laïcité scolaire.

Qamis et abaya : même statut religieux officiel

Les discours gouvernementaux confirment cette égalité de traitement. Aucune distinction officielle n’existe entre le qamis et la abaya concernant leur dimension religieuse. Les deux vêtements traditionnels sont placés au même niveau quand il s’agit d’évaluer la visibilité d’un symbole religieux en milieu scolaire.

Cette cohérence officielle répond ainsi aux critiques de discrimination genrée qui avaient émergé lors des premières polémiques. Selon le gouvernement, ces tenues traditionnelles sont désormais encadrées de la même manière, qu’elles soient portées par des hommes ou des femmes.

L’argumentaire reste identique pour les deux vêtements : ils dépassent le cadre du simple choix vestimentaire pour devenir des marqueurs d’appartenance religieuse incompatibles avec les principes de laïcité à l’école.

Une réalité méconnue du grand public

Malgré cette égalité de traitement officielle, l’opinion publique continue souvent de croire à une différence de statut entre qamis et abaya. Cette méconnaissance s’explique peut-être par la moindre médiatisation des interdictions concernant le qamis homme.

La polémique sur l’abaya a largement monopolisé l’attention, reléguant au second plan les restrictions appliquées au kamis. Ce déséquilibre médiatique fausse la perception des mesures gouvernementales.

Pourtant, les faits sont têtus : le gouvernement français ne fait aucune distinction entre qamis et abaya. Il considère les deux comme des signes religieux ostensibles à bannir de l’école républicaine.