On entend souvent parler de l’interdiction de la soie et de l’or en islam sans vraiment en comprendre les contours. Certains pensent qu’elle concerne tout le monde, tandis que d’autres estiment qu’elle ne s’applique qu’à des cas précis. En réalité, la situation est plus nuancée, et les textes restent pourtant très clairs.

Soie et or en islam : une interdiction qui ne concerne pas tout le monde

Soyons clairs dès le départ. L’interdiction de la soie et de l’or ne s’applique qu’aux hommes. En revanche, les femmes peuvent porter des bijoux en or et des vêtements en soie. C’est le prophète ﷺ lui-même qui l’a établi à travers plusieurs hadiths authentiques.

Les textes qui établissent l’interdiction de la soie et de l’or en islam

Trois hadiths posent les fondements de cette règle avec clarté.

Le premier vient d’Ali (qu’Allah l’agrée). Il raconte que le prophète ﷺ a pris de la soie dans sa main droite et de l’or dans sa main gauche, puis a déclaré : « Ces deux choses sont interdites aux hommes de ma communauté. » Abou Dawoud rapporte ce hadith avec une bonne chaîne de transmission.

Le second hadith vient d’Abou Moussa al-Ash’ari (qu’Allah l’agrée) : « Le port de la soie et de l’or est interdit aux hommes de ma communauté et permis aux femmes. » At-Tirmidhi rapporte ce hadith et le juge bon et authentique.

Le troisième hadith vient de Hudhayfah (qu’Allah l’agrée). Dans le Sahih de al-Bukhari, il mentionne les récipients en or et en argent. Dans ce cas, l’interdiction concerne les hommes et les femmes sans distinction.

Ce qu’on peut en déduire concernant l’or et la soie en islam

En commentant ces hadiths, Cheikh Ibn Baz clarifie les règles avec précision. Ainsi, l’or et la soie restent interdits aux hommes et permis aux femmes, que ce soit pour les vêtements, les bijoux ou les ornements. Cela inclut également la bague en or, qui demeure interdite à l’homme.

Par ailleurs, les récipients en or et en argent sont interdits à tous sans exception, hommes et femmes confondus. Cela inclut toute vaisselle, petite ou grande, y compris les cuillères. Le messager d’Allah ﷺ a dit à leur sujet : « Ils sont pour les mécréants dans ce monde, et pour vous dans l’au-delà. »

Les exceptions établies par les textes

L’interdiction n’est toutefois pas absolue. Cheikh Ibn Baz précise qu’un homme peut porter un morceau de soie d’une largeur maximale de quatre doigts, par exemple pour un bouton ou une bordure de tissu. Dans ce cas, il considère cette tolérance comme une miséricorde divine, accordée par Allah pour répondre aux besoins réels.

Une règle d’obéissance avant tout

Les textes restent clairs et les règles bien établies. Ce qui est interdit aux hommes ne l’est pas sans raison. Cependant, la sagesse d’une règle ne conditionne pas son application.

Le musulman obéit aux ordres d’Allah et de Son messager ﷺ, qu’il en comprenne la raison ou non. C’est pourquoi c’est souvent en approfondissant ces questions que l’on renforce sa compréhension de la foi.